Ancienne guerre

D'échanges en rencontres, il s'en est fallu de peu pour que la Gestapo s'en mêle, et ce bien plus d'une fois. Je continuais à penser qu'il n'y avait pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre. Pour moi, nous avions une part de bon et de mauvais, et seuls nos choix permettaient de définir l'aspect que nous souhaitions mettre en avant. La vie de résistante n'était pas très palpitante. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise que j'étais telle Mata Hari, il n'en était point le cas. J'essayais d'éveiller les consciences, d'insuffler des idées face à des faits. Il paraissait évident de se remettre en question, de comprendre que l'humanité ne se définit pas en système de races : ce n'était pas les juifs d'un côté et les autres ailleurs. Alors, j'écrivais, souvent, beaucoup, tout le temps. Je protégeais mon fils du mieux que je pouvais pour qu'il n'en pâtisse pas. Je ne faisais pas de grandes actions par peur de perdre toute lueur d'espoir. Mais, je me battais à ma manière, à coup de plumes dans l'encrier. Peut-être que cela ne paraît pas glorieux, ou si peu de choses, mais le but n'était pas de me montrer, bien au contraire. La discrétion était de mise à cette époque bien sombre de l'Histoire.